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Parmi les communautés qui se trouvaient au Nord de la Chine, une tribu connue sous le nom de Hiong Nou (XiongNu pour les chinois), assaillaient la Chine sédentaire depuis le 3ème siècle avant JC. Pour l’arrêter, celle-ci construisit des fortifications en des lieux stratégiques qui tenaient les hordes éparses en respect. Cependant, vers -210 avant JC, la pression s’intensifia sous l’autorité d’un jeune chef Hiong Nou, T’eou-man, qui unit et organise les tribus et l’armée.
Les chinois afin de s’y opposer, relièrent vers -210 avant JC, ces fortifications, dans un seul ensemble : la première grande muraille. Mais en -201 avant JC, le péril pour la Chine est extrême et l’empereur négocie un traité avec les Hiong Nou, à qui il permet de s’établir dans la boucle du fleuve jaune, l’Ordos, et de recevoir un tribut annuel.
Autour des oasis les plus à l’est de la steppe, aux portes de la Chine, au Kan-sou (ou Gansu), vivent les Yue-tche (Yuezhi) qui rentrèrent à plusieurs reprises en conflit avec les Hiong Nou.Ils furent définitivement vaincus en -170 avant JC, et refoulés vers l’Ouest, abandonnant ce territoire aux Hiong Nou. Ceux-ci occupèrent alors un territoire correspondant en grande partie à la Mongolie. Ils continuèrent à constituer pour la Chine une menace sérieuse par des agressions perpétuelles de cette époque jusqu’à -129 avant JC.
Mais à partir de cette date, les chinois reprennent l’initiative des opérations, et par deux fois sont victorieux des Hiong Nou. La première fois, après une traversée du désert de Gobi au cœur même de la Mongolie dans la vallée de l’Orkhon, la seconde fois, 10 ans plus tard, deux armées chinoises les enserrent, et ils devront abandonner le Kan-sou.
Autour de l’an -100, les Hiong Nou se redressent et menacent à nouveau la Chine. Cette fois l’expédition chinoise échoue, amenant la Chine à adopter une approche diplomatique : elle s’appuie sur les ennemis des Hiong Nou tout en semant la zizanie chez ces derniers.
Mais c’est la destruction massive du cheptel Hiong Nou entre -80 et -69 avant JC, qui va provoquer l’exode vers l’ouest, devenant peut être 4 siècles plus tard les Huns, qui vaincront les Goths et les Alains avant de s’attaquer sous la conduite d’Attila à l’empire romain d’Occident et d’être vaincu aux champs catalauniques, à proximité de Troyes.
L’immense Chine a tremblé pendant près de 2 siècles, devant un peuple de 1 millions et demi d’habitants alors qu’elle même était 50 fois plus peuplée. Leur efficacité peut s’expliquer pour certains par leur barbarie ou pour d’autres par leur civilisation : ils étaient regroupés en 24 tribus, divisées en 2 moitiés constituant deux ailes, l’armée sans doute organisée en unité de 10, regroupé en 100, puis en 1000 et en 10.000 hommes. Ils connaissaient les problèmes de politique étrangère et le commerce international. Eleveurs vivant du bétail, ils avaient également un petite agriculture. Ils ont batis des enceintes fortifiées comme à Ulan Ude, et sur leurs frontières nord, pour se protéger des peuples de Sibérie. Enfin comme tous les hommes de la steppe, ils étaient aussi des artistes et ont continué à faire vivre l’art animalier de la steppe.
Les Hiong Nou appartiennent à la famille des peuples altaïques et sont décrit par les chinois comme des hommes petits, trapus, à la grosse tête ronde, aux yeux fendus, aux pommettes saillantes, aux narines larges, à la lèvre couverte d’une épaisse moustache, portant une barbichette, et laissant tomber une natte du sommet de leur tête. Ils vivent dans des tentes de feutre, élèvent un cheptel dont ils tirent l’essentiel de leur nourriture. Ils seraient selon les avis, des paléo-asiates, ou des proto-mongols, ou des proto-turcs, ou encore un peu de tout cela, comme pour tous les empires des steppes, alliance au gré des rapports de force entre les différentes tribus.
Ils ont laissé des ensembles funéraires de type kurgan. Ceux de Noyon Uul, découverts au nord de la Mongolie, ou de Gol Mod à l’ouest d’Oulan Bator dans la province d’Akhangaï (Recherches dirigées par la mission archéologique française en Mongolie) ont été identifié comme des tombeaux princiers Hiong Nou.