Les clés de la conquête

lundi 26 septembre 2005.
 

Le chamanisme et la tolérance religieuse

Les mongols sont, comme beaucoup des peuples des steppes, chamanistes. Le chamanisme n’est pas une religion en soi, mais une vision de l’univers organisé en niveaux et au sein desquels existent des esprits. Au niveau le plus haut se trouve Tengri, le ciel. Le chaman entre en contact avec ces esprits afin d’obtenir une guérison, des réponses, ou pour pratiquer un exorcisme.

D’un point de vue purement religieux, les mongols font preuve d’une très grande tolérance, et semblent croire et s’intéresser à toutes les religions et à tous les dieux qu’on leur présente. Pour eux, toutes les religions sont des facettes différentes et intéressantes d’une même vérité, de l’univers en lequel ils croient. C’est pourquoi, on verra des Khans se convertir successivement à plusieurs religions. A une époque, ou chaque religion est exclusive, cela laissera beaucoup de visiteurs étrangers désireux de les convertir, perplexes. Ils adorent également les débats religieux et écoutent avec attention, les arguments des uns et des autres, même si des subtilités les laissent parfois songeurs ou dubitatifs.

Le Yasak et la justice

Le Yasak est le code des lois issues des traditions des peuples de la steppe et qui régissent tous les instants de la vie nomade, en temps de paix, en temps de guerre, pour les aspects profanes, pour les aspects religieux.

Caractéristique de l’empire qu’il va permettre d’ériger : l’obéissance absolu aux chefs, et l’attachement au nomadisme, Gengis Khan y ajoute la suppression de l’organisation tribale. Par son biais, il impose la même justice à tous, avec une intégrité absolue. On verra ainsi certains nobles mongols pillant les cités vaincues et refusant donc d’obéir aux ordres, être condamnées à redevenir de simples soldats, et mourir avec ce statut au combat.

L’organisation militaire

L’armée mongole est composé de 130 000 hommes, auxquels viennent s’ajouter ceux des auxiliaires et des alliés. Elle est oganisée en unité multiple de 10, jusqu’à 10 000 hommes, le Tümen. Les hommes sont d’une grande sobriété, capable de voyager sans manger pendant plusieurs jours, ce qui permet une intendance plus légère.

Cliquer pour agrandir

Ce sont d’excellents cavaliers, ils sont habillés d’armure légère en cuir, leur mobilité est sans rivale et ont chacun 5 chevaux mongols, petits, très endurants et habitués aux températures extrèmes. Ce sont de très bons archers, et savent tirer au galop en arrière. Chaque soldat dépend des autres hommes de son unité. Ainsi si un soldat venait à fuir au combat, toute son unité serait tué, et de fait leur discipline, et leur fidélité à leurs chefs, forcent l’admiration de leurs adversaires, elle permet l’incorporation, voir l’intégration des alliés dans cette armée qui s’éleva à 1 millions d’hommes.

Cliquer pour agrandir

Les généraux mongols (Muqali, Süböteï, Djebe) sont parmi les meilleurs au monde et sont tous passés par la garde personnel de Gengis Khan. Ils ont des liens directs avec lui. Lors d’une bataille, ils ne s’engagent pas dans le combat afin de pouvoir toujours conserver, une vue complète de la bataille et pour que la bataille ne bascule pas du coté des adversaires du fait de leur capture ou de leur mort.

Les mongols préparent la guerre de manière très réfléchie et ne se lance pas dans des razzia aveugles. Les risques sont réduits au minimum. Les lieux sont répérés à l’avance par des espions ou des éclaireurs. Dans la bataille, ils semblent placer au centre la masse des troupes, mais ce sont les moins fiables et elles sont destinées à absorber le premier choc.

Cliquer pour agrandir

Les forces solides sont sur les ailes et viennent ensuite entourer l’ennemi. Ils pratiquent de nombreuses stratagèmes, comme celle d’un premier choc avec l’ennemi puis la fuite, pour que l’adversaire à leur poursuite se désorganise et tombe dans un piège organisé à l’avance. Ils utilisent la guerre psychologique autant que possible, préférant effrayer et terroriser plutôt que de combattre et d’avoir des pertes.

L’utilisation des compétences

Les mongols ne veulent perdre aucune énérgie et ne négligent aucune compétence. C’est pourquoi ils n’hésitent jamais à utiliser des compétences externes pour réaliser des tâches dans lesquelles ils n’excellent pas. Ainsi ils firent largement appel aux Ouïghours pour l’administration. Gengis khan leur demanda même d’éduquer ses enfants. Quelque soit l’affection qu’il a pour quelqu’un, il ne lui donne pas un poste que quelqu’un de plus compétent saura mieux remplir. Par la suite de nombreux non-mongols occuperont des postes clés sans que cela ne posent de problèmes.

Gengis Khan

A 50 ans, a la suite du kuriltaï où il est nommé Gengis Khan, a réussi par son charisme, avec énergie et grâce à une inflexible rigueur, à forger l’unité du peuple mongol et ne fut plus contesté. Il sait admirablement choisir les hommes, s’entourer des meilleurs les récompenser, et se les attacher. Il a autour de lui, parmi les plus grands capitaines de l’histoire militaire : Muqali, Süböteï, Djebe. Parmi les étrangers, ils distinguent des administrateurs ou des religieux de très grandes valeurs. Il est également un maitre tacticien et prépare ses campagnes avec une extrême précision. Il est enfin un organisateur remarquable.

Une ambition

Pour Gengis Khan, après avoir combattu pendant près de 40 ans pour obtenir l’unité des mongols, l’objectif est maintenant que les peuples s’unissent sous la conduite d’un seul chef : "Comme il n’y a qu’un seul dieu au ciel, il ne peut y avoir qu’un seul empereur sur terre", et pour lui et ses successeurs, la guerre n’est qu’un moyen pour arriver à l’unité des peuples et à la paix sous l’autorité d’un seul chef . C’est cette vision qu’il transmettra à ses descendants leur permettant de poursuivre ses conquêtes.