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Au début du XIVème siècle, l’immense empire mongol n’existait pratiquement plus de manière unifiée, même si en théorie les Khans de Pékin reçevaient la suprématie sur l’empire.
De fait 4 empires lui succèdèrent dont les durées de vie varièrent de manière inversement proportionnelle au degré de sédentarité des peuples conquis :
Au sud Ouest, le khanat des Ilkhans comprenait l’Iran, l’Irak, la Syrie, et l’Anatolie. Sous la pression de l’Islam avec des accès de fanatisme contre les autres religions, cet empire devint au début du XIVème siècle plus musulman que mongol, les Khans se convertissant eux-même à cette religion. Après la mort du dernier Khan sans héritier direct, du fait des luttes intestines au sein des nobles mongols , l’état se décomposa entrainant la disparition en 1336, de cet empire .
A l’est, le plus grand khanat, celui de la Chine unifiée avec les frontières les plus larges qu’elle ait jamais connue : Mongolie, Tibet, Xinjiang, Sibérie orientale, Mandchourie, Corée, et domination de l’Indochine. C’était l’empire de la dynastie des Yuan. Après la mort de Khubilaï et de ses premiers successeurs, de nombreux empereurs sans grande valeurs lui succèdèrent. Leurs règnes furent souvent marqués par la débauche et la corruption, mais la dynastie Yuan perdura jusqu’en 1369. Cependant, à partir de 1355 sous l’impulsion du bonze Tchou Yuan-Tchang (il fonda la dynastie des Ming), une révolte chinoise s’organisa amenant la perte de la Chine du sud, avant la conquète de la Chine du nord en septembre 1369 et chassa le dernier empereur Yuan et les mongols, incapable d’unifier et d’organiser ses forces pour résister à l’insurrection.
Au centre, le khanat de Djaghataï, se composaient de 2 parties qui s’opposaient naturellement : au nord le pays des nomades, fidèle aux traditions et au Yasaq de Gengis Khan : le Mogholistan, au sud, un pays de sédentaires plus civilisé, plus riche, enclin à la turquisation, et à l’Islam. A plusieurs reprises des nobles turcs détiennent la réalité du pouvoir comme émir tout en maintenant un khan mongol fantôche . La sécession apparait en 1334 avec celle de la Transoxiane. Pour la reconquérir le khan se convertit à l’Islam. En 1370, un turc musulman, Tamerlan, se fit élir Grand Emir à Bactres, avant de se lancer dans les traces de Gengis Khan, à la conquête du monde : de l’Inde à la Russie, et de la Méditerranée aux frontières de la Chine ( il mourut avant de la conquérir ). Il conquis le plus vaste territoire qu’un homme ait conquis durant sa vie et fit de sa capitale Samarkand, l’une des plus belles villes de l’époque, mais ses campagnes laissèrent beaucoup de ruines, et son empire dura tant bien que mal jusqu’en 1500, avec l’arrivée des Ouzbeks, qui établirent en Sogdiane, l’Ouzbekistan.
Au nord ouest, le khanat de la Horde d’Or. Il comprenait la Russie, l’Ukraine, et la Sibérie occidentale. Les mongols là également se turquisent et passe à l’Islam mais de manière plus tolérante. Ils laissent à certaines villes comme Moscou une certaine autonomie notamment pour la police. Mais le développement de ce khanat fut limité du fait de plusieurs maux : le nomadisme continu des conquérants, la vente comme esclaves aux mamelouks via les gênois des propres enfants mongols, la peste qui frappe toute l’Asie occidentale à partir de 1348 puis l’Europe, et enfin les disputes entre les khans. Mais en 1380, les russes victorieux des mongols à Koulikovo, puis Tamerlan en 1391 qui l’attaqua, amenèrent à sa désagrégation progressive. En 1430, le khanat de Crimée se détache, puis en 1445 celui de Kazan et enfin en 1464, celui d’Astrakhan. Les Russes conquièrent progressivement leur empire sur les mongols divisés, et Ivan le terrible prend en 1552 Kazan puis en 1555 Astrakhan. Le khanat de Crimée protégé par l’empire Ottoman ne tombera qu’en 1783.
C’est à Boukhara dans l’actuel Ouzbekistan, que l’on verra l’ultime vestige du grand empire avec à sa tête un descendant de Gengis Khan. En effet, le Khan d’Astrakan après sa défaite devant le russe Ivan le Terrible en 1555, s’y réfugia et y fonda son propre khanat, dans lequel, des descendants de Gengis Khan gouverneront, et c’est seulement en 1920 avec l’arrivée au pouvoir des bolcheviques qu’ils en seront chassés, soit 700 ans après la prise de cette ville par les mongols de Gengis Khan.