7 juillet : Le gouvernement mongol a levé l’état d’urgence
4 juillet : Oulan Bator sous le choc
3 juillet : Les anciens communistes donnés vainqueurs
1er juillet : Mongolie : Le président déclare l’état d’urgence
Le chamanisme n’est pas une religion en soi (il n’y a pas d’être divin, ni de livres sacrés), mais une vision de l’univers organisé en niveaux et au sein desquels existent des esprits. Toute manifestation est réputée être l’œuvre des esprits : un bonne chasse, une maladie, la pluie... Le monde est séparé en trois plans :
le monde supérieur où règnent les esprits supérieurs : au niveau le plus haut se trouve Tengri, le ciel. On trouve ensuite sous son autorité une foule d’esprits : esprits supérieurs (de la fertilité, du tonnerre...), esprits naturels (de la forêt, des sources, du feu...),
le monde du milieu où vivent les hommes,
le plan inférieur, monde des esprits malfaisants, ou üyor (esprits de maladie, de folie...)
Le chaman est l’intercesseur avec les esprits. Il est consulté pour guérir des maladies, pour fertiliser un troupeau, pour ses dons divinatoires et entre en contact
avec eux afin d’obtenir la guérison, les réponses, pour pratiquer un exorcisme, ou pour accompagner l’âme d’un défunt dans l’autre monde. Il est aussi craint pour ses pouvoirs et pour ses relations avec les üyors.
Il se distinguent des pratiques habituelles des sorciers et guérisseurs (relation avec les esprits, permettant de chasser ou d’infliger les maladies, de mener les âmes au repos éternel ou de les rendre errantes, etc.) par les techniques d’acquisition de l’état extatique.
Un chaman n’est agréé dans ses fonctions qu’après être passé par la maladie initiatique (signe de l’obtention de pouvoirs surnaturels : élection par les esprits ou héritage des pouvoirs d’un chamane défunt), période comateuse de 3 à 9 jours, accompagnée de sueurs de sang, difficilement explicables du point de vue médical. Les jeunes manifestant leur vocation ont souvent des crises épileptiques, mais la maladie initiatique n’affecte que des sujets guéris de tout trouble cérébral. A la fin de leur période de maladie, les futurs chamanes décrivent les tourments que leur ont infligés les démons (ils se considèrent comme ayant été morts, puis ayant ressuscité). Les chamanes titularisés ont dans leur cabane un tronc de bouleau vertical qui sort par la cheminée : il symbolise leur montée au Ciel. De cette hauteur, ils s’adressent à la foule. Après leur maladie initiatique, les chamanes atteignent l’état extatique de façon aisée et fréquente.
Les chamanes (" sorciers guérisseurs ") existent dans des tribus de Sibérie, d’Asie centrale, d’Amérique du Nord et du Sud, d’Australie et du nord de l’Europe. Appelés Ojun en yakoute, bögä ou boo pour les hommes chamanes et udgan pour une femme chamane en mongol, kam en turco-tatar, shaman en toungouse, mudang en coréen. Les Yakoutes ont aussi des femmes chamanes qu’ils appellent udoyan.
En tant qu’élément de leur héritage chamaniste, des mongols, particulièrement au nord de la Mongolie comme les Tsataans, les Bouriates,etc... continuent à croire au monde des esprits. Ils estiment que les esprits sont omniprésents dans la nature, les objets et les personnes. Ils respectent la nature et vivent en symbiose avec elle, continuent à pratiquer la magie ritualiste, le culte de nature, l’exorcisme, la méditation, et la médecine naturelle.
La Mongolie est l’un des derniers lieux où le chamanisme est encore pratiqué sous des formes diverses. Ce patrimoine culturel ne doit cependant sa survie qu’à son extraordinaire résistance face à l’adversité car il a été combattu sous les périodes bouddhiste et communiste :
Au XIIIe siècle, on pouvait encore parler de religion d’Etat, le chamanisme étant en corrélation étroite avec une organisation sociale de type clanique. Le XVIe siècle, quant à lui, verra s’imposer progressivement le bouddhisme d’origine tibétaine. Cette religion répondait à un besoin nouveau de la noblesse mongole qui cherchait une unification du pouvoir. Les chamans seront partiellement intégrés à la nouvelle croyance par un phénomène d’acculturation, les grands chamans "blancs" devenant les prêtres "jaunes" du bouddhisme. Avec leur intégration, c’est un certain nombre de pratiques, de rites qui vont apparaitre dans le bouddhisme mongol, notament le culte des "ovoos". Les réfractaires à la conversion forcée seront cependant pourchassés, exilés ou tués, et les objets de culte, idoles et manuscrits, systématiquement détruits. Seuls quelques chamans "noirs" continueront à pratiquer leur religion en secret, mais c’est surtout grâce aux Mongols qui s’enfuirent de leur pays vers la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle pour la région transbaïkalienne de Sibérie que l’on garde un témoignage vivant de cette foi persécutée.
Des années 1930 à l’effondrement du bloc soviétique au début des années 1990, lamas et chamanes, médiateurs indispensables aux échanges entre le monde des hommes et le monde-autre, celui des esprits, ont été pourchassés, et les objets et lieux de culte confisqués ou détruits. Néanmoins, enfouies en chacun et célébrées en secret, les croyances sont restées vivaces. Partout sur le territoire mongol, on sacrifie à nouveau aux esprits des sources, des arbres et des ancêtres.
De cette croyance découlent certains rituels comme celui des ovoos.
Ce sont des lieux sacrés qui représentent le lien avec le monde des esprits. Ils sont situés aux sommets des montagnes, au passage des cols ou près des rives d’un lac. A chaque passage, on y dépose une pierre et on en fait 3 fois le tour en pensant à un vœu dont l’on souhaite la réalisation.
L’ovoo est une pyramide de pierres sacrée laissés par les pélerins et sur lequel on trouve des étoffes bleues symbolisant l’esprit du ciel Tengri.
Des cérémonies tenues par des moines bouddhistes sont pratiqués pour célébrer l’ovoo. Les moines disent des prières, les gens donnent des offrandes, et ensuite, il y a une fête avec des sports traditionnels, comme des courses de chevaux.