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Avec nous Zoulaa qui vient de Mongolie. Son prénom Mongole veut dire tulipe.
Elle nous fait découvrir les coutumes de son pays avec l’utilisation courante de la yourte traditionnelle de la Mongolie (image sur yourte.com)
Tu viens de Mongolie, tu peux nous raconter ton parcours de vie ?
Déjà pour commencer à présenter un peu la Mongolie, la Mongolie se trouve en plein centre de l’Asie au sud de la Russie et au nord de la Chine. On est très peu peuplé, à peine 3 millions mais le territoire est très grand à peu près 1 500 000 km² ; à peu près trois fois la France du point de vue de la taille. Le climat est très extrême ; très chaud, très froid. Moi je suis venue de la capitale Oulan-Bator (Ulaanbaatar). Comme j’avais fait les études de la langue française à l’université je travaillais en tant que guide pendant l’été et c’est là que j’ai rencontré les touristes suisses qui m’ont donné l’idée de visiter la Suisse. C’est comme ça, il y a 6 ans à peu près que je suis venue la première fois en Suisse.
Qu’est-ce qui ta poussé à venir en Suisse ?
La façon de parler de la Suisse m’a beaucoup plue. Mon premier contact avec les étrangers, c’était des Suisses. Quand j’étais étudiante, j’ai fait un stage à Paris en France. Là, j’ai dit « Bon, j’ai plus ou moins découvert la France. Maintenant j’aimerais bien voir à côté. » Et comme j’avais déjà appris le français, c’était une bonne occasion à saisir pour moi.
Là, on se trouve dans une yourte, tu peux nous présenter la yourte, qu’est-ce que c’est, de quoi ça se compose ?
La yourte, c’est une habitation traditionnelle qui est adaptée à notre mode de vie qui est nomade. On est un peuple qui vit avec le bétail, c’est notre moyen de vivre. En suivant le bétail, on est obligé de déménager à peu près 4 fois par an.
La yourte, normalement on appelle ça en Mongolie « Gir » mais yourte est un mot venu du russe « yourta ». Le vrai nom pour les Mongoles c’est « Gir ».
Pour commencer l’histoire, je ne connais pas vraiment en quelle année elle a été créée parce qu’elle date depuis longtemps. Mais avec le temps, elle s’est bien adaptée aux conditions. La yourte c’est une habitation qu’on peut monter pour les experts en plus ou moins 1h30 à 2h et qu’on pourrait démonter bien évidemment plus vite.
Normalement, une yourte se compose de murs qu’on pourrait plier et de baguettes qui relient les murs et les colonnes et le foyer pour pouvoir les concentrer et garder l’équilibre.
En ce qui concerne les autres décorations, il y a le feutre que l’on fabrique nous-mêmes avec la laine des moutons et des chevaux pour se protéger du froid. Il y a deux couches de toile très épaisse et aussi imperméable pour se protéger quand il y a de la neige.
Alors, ils adaptent les couches selon les saisons…
Exactement, par exemple, en été on ne met pas de couche de feutre, parce qu’à cause de la pluie ça s’abîme. Alors pour avoir un peu de fraîcheur, on enlève ça et laisse la couche imperméable.
Et les hivers sont froids en Mongolie ?
Pour les éleveurs qui habitent en pleine steppe, la température pourrait atteindre jusqu’à -35°C, -40°C. Alors à cette température, les gens habitent toujours dans la yourte et en même temps, en été quand il fait 35°C, 30°C on est toujours dans la yourte. Ce qui veut dire que la yourte s’adapte au climat. On enlève plusieurs couches, on soulève les toiles pour que l’air puisse passer dessous.
Là, je suis dans la yourte et elle est joliment décorée de couleur orange avec des petits symboles dessinés. Est-ce que c’est une yourte traditionnelle ?
Oui, ça c’est une yourte traditionnelle. Normalement, presque toutes les yourtes sont de couleur orange, parfois ça arrive qu’elles aient des baguettes bleues. L’orange représente pour nous le soleil et le bleu, le ciel. Ce qui est intéressant c’est quand on monte la yourte, la porte doit toujours se trouver au sud ; c’est-à-dire que quand on entre dans la Yourte on va vers le nord. En Mongolie, les yourtes sont toujours comme ça.
Il y a beaucoup de coutumes, juste pour en citer quelques unes ; quand on entre dans la yourte on entre avec le pied droit. On met d’abord le pied droit. On ne se met pas debout sur le seuil. En entrant, on se met sur le côté gauche de la yourte car le côté droit est réservé aux femmes et aux maris de la famille. ( image sur wikipedia)Donc, c’est les invités qui se mettent du côté gauche ?
Oui, normalement oui. Les invités, les gens qui viennent de l’extérieur et qui ne font pas partie de la famille se mettent du côté gauche.
J’ai pu voir des combats qui ressemblent un peu à la lutte suisse pour ceux qui connaissent. Qu’est-ce que c’est exactement ?
Nous organisons cette manifestation à l’occasion de notre fête nationale qui a lieu à la mi-juillet. Cette année notre association l’organise pour la première fois. Et pour cette fête, il y a trois jeux virils qui se composent de la lutte, la course de chevaux, et le tir à l’arc. Le plus important pour nous c’est la lutte, c’est vraiment un évènement national. À cette occasion, on a essayé d’organiser cette lutte.
Lutte, c’est vrai que j’ai aussi entendu parler de la lutte suisse, et c’est à peu près la même chose, par exemple, quand un lutteur touche par la coude ou le genou chez nous on compte ; c’est perdu. Et j’ai entendu à peu près la même chose en ce qui concernait la lutte suisse.
En regardant on dirait que ça ressemble pas mal…
À l’époque, quand Gengis Khan faisait beaucoup de guerres, il organisait cette fête. Il y avait ces trois jeux. Comme c’était à l’occasion de la guerre, alors il y avait toujours des soldats. C’est pourquoi il y avait les hommes qui participaient à ces sports, c’est pourquoi on les appelle trois jeux virils.
Donc joués que par des hommes…
Joués que par des hommes. Mais, maintenant depuis le 13ème siècle, en raison de la modernisation, etc. La lutte, c’est réservé seulement à des hommes. Il y a maintenant les courses de chevaux qui sont réservées à des enfants qui sont légers pour que les chevaux puissent courir plus vite. C’est réservé à des enfants à partir de 2 ½ ans, 3 ans jusqu’à 5 ans. Ça arrive qu’il y ait des enfants plus âgés. Et le tir à l’arc, il y a maintenant aussi des femmes qui y participent.
Alors pour revenir à la yourte, elle est assez spacieuse. C’est une taille moyenne ?
On mesure la yourte par le nombre de murs. Tout à l’heure, j’ai parlé des murs qui se plient. Dans cette yourte il y a 5 murs, c’est une taille normale où une famille habite. Sinon, il y a la petite yourte qui se compose de trois murs, mais là, c’est surtout pour pouvoir garder les outils pour le bétail, les vêtements chauds.
Une sorte de cave…
Oui, on peut dire. Parce qu’il y a beaucoup de matériel en-dessous pour traire les chevaux et les vaches. Sinon, il y a aussi des yourtes de grande taille. Pour les gens maintenant, il y a des yourtes qui se composent à peu près de 6 ou 7 murs. Mais la plus grande que j’ai entendu, c’est celle de Gengis Khan qui se composait de 60 murs.
60 murs, ça doit être gigantesque !
Justement, dans une yourte de 5 murs, il y a 2 colonnes. Là, pour 60 murs, je ne suis pas sûre, mais je pense qu’il y avait 12 colonnes. Comme c’est très grand et que Gengis Khan faisait beaucoup de guerres, il se déplaçait beaucoup. Pour faciliter ça, on l’a montée carrément sur un chariot et il y avait du bétail ; des chevaux, des vaches qui le tiraient pour le voyage d’un lieu à l’autre.
C’est une association qui organise cette manifestation, on est aux alentours de Genève. De quelle association il s’agit exactement ?
Nous sommes une association qui s’appelle « Projets Mongolie », c’est une association qui a été créée au printemps 2005 par un couple suisse, qui en a pris la décision après avoir visité le pays. Le but de l’association est de réaliser des projets de développement. Le but est de pouvoir donner le moyen pour que le peuple Mongole puisse garder son mode de vie nomade traditionnel, parce qu’à cause du froid, les éleveurs n’ont plus de bétail, ils n’ont plus le moyen de vivre dans les steppes alors il y a une tendance à aller vers la capitale où il y a déjà beaucoup de chômage.
Pour permettre à ces gens de retourner dans les steppes pour une vie nomade on a plusieurs projets dont celui du lait de juments. On donne des juments aux éleveurs qui ont perdu leur bétail. On leur donne 6 juments avec leurs poulains et pendant 2 ans, ils peuvent les garder. En plus on leur achète le lait en leur permettant d’avoir un petit sursis économique.
Parce que le lait de jument, c’est très utilisé en Mongolie ?
En Mongolie, le lait de jument est utilisé fermenté. On le fermente un petit peu. Chez nous, on aime beaucoup mais en Europe, le lait de jument est réputé dans le cosmétique. Par exemple, les grandes reines Aphrodite, Cléopâtre prenait leur bain au lait de jument, on disait que c’était le secret de leur beauté. Ici, c’est très rare et il paraît que c’est très cher. D’où l’idée de valoriser le produit mongole en Europe. Et d’un autre côté, le lait de jument, c’est le lait qui ressemble le plus à celui d’une maman. Il y a beaucoup de nouveaux nés qui ne peuvent pas être allaités parce qu’ils sont allergiques au lait. Les médecins leurs conseillent le lait de jument. Il y a plusieurs aspects qui nous ont fait prendre cette décision.
Donc, un beau projet qui profite à tous….Est-ce qu’il y a d’autres projets à part le lait de jument ?
Il y a d’autres projets, il y a par exemple un projet qui s’appelle les « Enfants de la rue ». À cause des changements de la société socialiste démocratique, il y a beaucoup de gens qui n’arrivent pas à supporter les changements. Il y a beaucoup de gens qui vivent malheureusement dans les rues, dans les colonnes et tuyaux de chauffage. Pour les aider, il y a M. Gérard Brucher qui fait partie de notre association et lors de sa visite en Mongolie, il a fait une émission sur ces enfants après avoir rencontré un chef d’un département de la police qui s’occupe de ces enfants.
On a pu garder ce contact grâce à ce Monsieur et maintenant on donne à ces enfants les frais médicaux mensuels. C’est un centre qui accueille les enfants qui sont dans la rue et après il transfère les enfants dans un centre d’accueil. Là, les enfants restent à peu près jusqu’à 2 ou 4, 5 mois. Là, on les a aidés un petit peu pour faire la reconstruction du bâtiment, parce qu’il était très vieux.
On a financé leur projet par rapport aux lits parce que les enfants dormaient par terre. On a eu un petit contrat avec une menuiserie qui nous a permis de fabriquer des doubles lits.
Pour pouvoir aider aussi les enfants, il y a beaucoup de grandes entreprises en Suisse et aussi en Europe qui changent leur matériel informatique. On a essayé de les transporter jusqu’à la Mongolie. Mais, notre but n’est pas de tout amener en Mongolie. On amène en Mongolie tout ce qu’on ne peut pas fabriquer en Mongolie, par exemple l’ordinateur.
Parce que notre idée est de leur permettre de pouvoir continuer à vivre quand l’aide s’arrêtera.
Et des projets pour l’avenir ?
Projets pour l’avenir…Là, on essaie avec les ordinateurs qu’on transporte là-bas d’aider les jeunes qui viennent de finir l’université et n’arrivent pas à trouver du travail. On leur propose de retourner dans leurs régions natales et de mettre à jour les ordinateurs, etc.
On a aussi un grand projet qui est en route, c’est les plantes médicinales. Chez nous on a beaucoup de ressources de plantes médicinales mais comme c’est une ressource naturelle, c’est épuisable. Pour pouvoir les garder plus longtemps, on est entrés en contact avec plusieurs personnes ici, en Suisse surtout dans le canton du Valais pour pouvoir étudier la possibilité de les cultiver sans toucher la ressource naturelle. C’est un projet qui est en cours et j’espère bien qu’il se réalisera bientôt.
Si on a envie d’avoir de plus amples informations sur l’association, il y a un site internet ?
Vous pouvez avoir des informations sur notre site internet :
www.projetsmongolie.org
Sinon, vous pouvez aussi envoyer des mails sur projetsmongolie@hotmail.com
Merci Zoulaa…
Merci beaucoup, c’était une belle occasion de pouvoir présenter pour promouvoir notre pays et faire connaître à des Suisses notre culture.