30 mars : L’association Guillaume de Rubrouck appelle aux dons pour la Mongolie
30 mars : La Croix-Rouge appelle aux dons
18 mars : Le "dzud", une calamité pour les nomades mongols et leurs troupeaux
Depuis des millénaires, dans la steppe de l’Asie centrale et de la Mongolie, la demeure des nomades est la yourte.
Venant du mot "yurt" qui désigne en turc, le territoire, puis le campement, elle est devenue ce que nous appelons la yourte. En mongol, on la nomme ger.
Parsemant de petits points blancs la steppe, son apparente fragilité n’est qu’impression. Elle protège du vent violent et du froid extrème de la Mongolie, et résiste même aux tremblements de terre, dit-on.
Pour les mongols, l’hospitalité est sacrée, et les mongols vous accueilleront les bras ouverts avec de grands sourires dans leur ger.
Vivre au même endroit, toute l’année, n’est pas pour les mongols une bonne chose, les nomades se déplaçant ainsi jusqu’à 20 fois dans l’année. Et, comme layourte est facilement démontable et transportable, elle permet au nomade de suivre ses troupeaux sur les différents paturages sans contraintes.
Lors de leurs déplacement, ils se regroupent par aïls de 2 à 5 yourtes, pour ne pas être trop esseulés mais pour avoir aussi assez de paturage chacun.
C’est ce besoin de se regrouper, mais aussi de s’informer qui a developpé la tradition d’accueil et d’hospitalité vis à vis des voyageurs qui sont de toutes façons, simplement d’autres nomades.
La yourte est de forme arrondie, et juste posée sur le sol. Elle peut donc s’installer sur n’importe quel terrain du moment qu’il est plat
Elle est faite d’une armature en bois, recouverte de pièces de feutres de laine.
Cette armature est constituée par :
un treillis (khana) d’environ 1 mètres de haut, qui entoure la yourte, et est formée de baguette de bois, pouvant se déplier et se replier pour le transport,
une roue de bois (toono) qui constitue le sommet toujours ouvert de la yourte, est maintenue par 2 piliers (baganas),
des rayons de bois, qui s’appuie sur le treillis, et se fixe sur la roue centrale constitue la charpente du toit.
L’ensemble de cette armature est couvert par du feutre de laine de mouton ou de chameau, plus ou moins épais suivant la saison et par un épais drap fixé par des cordes.
Une porte basse toujours orientée au sud et souvent décorée, permet d’entrer, de sortir ou de maintenir une ouverture.
Le montage d’une yourte peut prendre deux heures, ou moins.
Pour la monter, on place dans l’ordre :
d’abord le foyer au centre de l’emplacement prévue,
puis le plancher, les meubles en bois peints orangés tout autour à l’intérieur du cercle de la yourte,
ensuite le treillis et la porte, positionne la roue centrale, et encastre les rayons entre le treillis et la roue centrale,
enfin le feutre et le drap, fixés et maintenus par des cordes.
La yourte démontée est placée, pour être transportée, sur un char souvent tiré par des boeufs.
La yourte en elle-même est organisée toujours de la même manière afin de représenter l’univers.
L’axe central relie les différents niveaux de l’univers, de la terre , puis du feu du foyer, aux esprits les plus élevés dans le ciel, et autour de cet axe, le cadran solaire qui se superpose à celui du zodiaque avec :
au sud, c’est à dire en bas ou à l’avant de la yourte et au midi de la journée : c’est l’emplacement de la porte et de la vie domestique
au nord, c’est le haut ou l’arrière de la yourte ou la minuit : là se trouve l’espace sacré avec ceux que l’on honore grace à des portraits, ou des autels
à l’est, c’est la gauche, et les heures du matin : la partie masculine
a l’ouest, c’est la droite, et les heures de l’après midi : la partie féminine,
et pour chacune de ces 2 dernières parties, il y a décroissance honorifique du nord vers le sud, du sacrée vers le profane.
Dans la yourte tout est ordonné selon une organisation et une symbolique très précise et conservée depuis le XIIIème siècle et même de l’époque des Xiong Nou.
La porte ou le seuil représente la famille de la yourte, et marcher sur le seuil signifie "marcher sur la nuque du maitre des lieux"
Respecter ce code, c’est non seulement respecter les habitants de la yourte, mais c’est aussi respecter les esprits et éviter ainsi les retombées de leurs colères sur la famille.
Les règles et les coutumes sont très nombreuses, mais pour les étrangers, les écarts par rapport aux codes seront tolérés et pardonnés :
Le visiteur, avant d’entrer dans une yourte, doit s’annoncer en disant "attachez les chiens", mais ne doit pas frapper à la porte,
en entrant dans la yourte, entrez du pied droit sans le poser ni heurter le seuil,
seulement une fois dans la yourte vous pouvez saluer vos hotes
ne restez pas debout à l’intérieur et ne vous appuyez pas sur les piliers de la yourte, mais asseyez vous et éviter d’étendre les jambes vers le nord ou vers le foyer
il convient de garder son chapeau, d’avoir les manches baissées, le col relevé et boutonné,
lorsque l’on vous tend quelque chose, prenez le de la main droite
ne désignez pas les objets du dogts mais la paume orientée vers le haut,
n’enjambez pas d’objets domestiques
il ne faut pas s’asseoir sur le toono, lorsqu’il est sur le sol
...