La république populaire Mongole

mercredi 11 janvier 2006.
 

A partir de 1920, alors que le 8ème Bogdo Gegeen est revenu au pouvoir grace au baron russe blanc Ungern-Sternberg, des groupes révolutionnaires mongols se constituèrent sous l’influence de la nouvelle URSS. L’un de ces groupes, dirigé par Sükhebataar, ancien camionneur, et Tchoïbalsan, ancien serf, fit appel à l’armée rouge, et réunit le 1er congrès du Parti Populaire Révolutionnaire Mongol (PPRM) au cours duquel fut créée l’Armée Populaire Révolutionnaire Mongole.

En 1921, celle-ci, avec l’aide de l’armée rouge permit de renverser Ungern-Sternberg et les russes blancs en Mongolie, et la ville d’Urga fut prise le 6 juillet 1921. La monarchie subsista cependant. En 1924 avec la mort du dernier Bogdo Gegeen, la République Populaire Mongol fut proclamée, devenant ainsi le 2ème pays socialiste au monde et Urga fut rebaptisée Ulaan Baatar ("Le héros rouge") en hommage à Sükhebataar, mort en 1923.

En fait, les positions clés dans le gouvernement mongol étaient détenus par des agents du Komintern, et avec la mise en place de l’organisme de la sécurité d’état, constitué à l’image des services secrets soviétiques, la Mongolie extérieure passa sous le contrôle de l’URSS, et en devint un pays satellite. Des nombreuses purges furent lancées :

- En aout 1922, le premier ministre et 14 autres dirigeants furent fusillés. Ils étaient des pan-mongols souhaitant réunifier la Mongolie extérieure et intérieure.

- En 1924, le commandant en chef de l’armée mongole fut exécuté, pour s’être élevé contre le protectorat russe et vouloir une véritable indépendance mongole

- De 1926 à 1930, le maréchal Tchoïbalsan diriga le "tribunal politique".

- En octobre 1928, le 7ème congrès éjecta le président du comité central, décida de stopper le nationalisme mongol et créa une commission anti-religieuse avec la confiscation par l’état des propriétés des monastères (1/5ème du cheptel du pays).

- Après 1928, l"Aile gauche" du parti complètement manipulé et dirigé par le Komintern et le Parti communiste soviétique lanca un programme de purge du parti et de collectivisation.

- En 1929, Tchoïbalsan fut chargé de confisquer les biens des 700 seigneurs féodaux

- Entre 1930 et 1934, des purges massives furent effectuées : 1240 personnes de rangs élévés (diplomates, militaires, aristocrates, intellectuels) furent exécutées. A l’intérieur du Parti Populaire Révolutionnaire Mongol, le nombre de membres passa de 42 000 à 8 000. Plus de 20 000 personnes fuirent le pays. De nombreux soulèvements contre la collectivisation des forcée, furent matés dans le sang.

- En 1932, une brève accalmie se profila : certains chefs de gouvernement et du parti communiste (dont Genden) condamnèrent l"Aile gauche", la collectivisation des troupeaux fut abandonnée, et les campagnes anti-religieuses diminuèrent

- Mais en 1936, de nombreux lamas de haut rang sont jugés, et en 1937, Tchoïbalsan nommé à la tête du ministère de la Sécurité Intérieure, dévoila la "conspiration de la clique Genden" (fabriquée de toute pièce par ses services). Il fit condamner pour haute trahison le premier ministre Genden, et des milliers d’autres personnes (dont 17 000 lamas).

- De 1937 à 1938, il mit en oeuvre la "solution finale" : élimination des 767 centres monastiques, et effectua de nouvelles purges, cette fois-ci à l’encontre de l’élite intellectuelle.

- En 1939, après l’exécution du nouveau premier ministre, Tchoïbalsan a tous les pouvoirs : chef du parti, premier ministre, ministre de la Guerre, des Affaires intérieures, de la Sécurité, qu’il garda jusqu’à sa mort en 1952

De cette période sombre de la Mongolie, on considère que :

- officiellement 35 000 personnes ont été victime des purges,

- en l’espace de 3 ans (1936 à 39), 4 siècles d’existence de l’église lamaïque ont été rayés de l’histoire,

- l’intelligentsia du pays a été détruite,

- l’histoire de la Mongolie est réécrite (Gengis Khan devient un oppresseur du peuple).

- Cependant le pays est resté indépendant alors que Staline voulait en faire une république de l’URSS. Etait ce là le prix à payer ?

En 1939, la Mongolie fut attaquée par le Japon qui avait déjà pris le contrôle de la Mandchourie en 1931. Mais les forces russo-mongoles les repoussèrent et en 1941, un pacte fut signé entre le Japon et la Russie. Le Japon diriga alors ses forces armées vers le sud, et l’océan Pacifique.

En 1945, dans les derniers jours de la 2nde guerre mondiale, l’URSS et la Mongolie déclarèrent la guerre au Japon, et à la fin de la guerre, Staline obtint de la Chine la reconnaissance de la Mongolie Extérieure

Tchoïbalsan mourut en 1952, il est remplacé par Tsedenbal, qui s’il arrêta les purges, ne fut pas pour autant un libéral puisque 60 000 mongols étaient encore considérés comme une menace potentielle.

En 1961, la Mongolie Extérieure devint membre de l’ONU.

En 1984, Tsedenbal fut contraint de se retirer, et fut remplacé par un réformateur Bätmongke. En mars 1990, des manifestations eurent lieu à Oulan Batar, seulement quelques mois après les évènements de TianAnmen en Chine. Bätmongke refusa de faire intervenir la troupe et les tanks, mais il perdit le pouvoir, et le bureau politique démissionna. En mai, la constitution fut modifiée pour prendre en compte le multi-partisme, et en juillet les premières élections libres eurent lieu. La Mongolie extérieure devint une démocratie.