La paix mongole

samedi 24 septembre 2005.
 

Cliquer pour agrandir

Malgré les guerres extérieures et parfois les guerres internes entre descendants de Gengis Khan, cette période qui va de l’élection d’Ögödeï, jusqu’à la mort de Khübilaï fut un véritable age d’or.

En effet l’empire construit dans la guerre, le sang, et les ruines s’attacha finalement les peuples qu’il diriga. Un essor commercial, des relations internationales et des échanges humains et culturels comme ils n’en avaient alors jamais existés se développèrent grâce à la tolérance religieuse, l’absence de racisme, la justice, l’intégrité, l’ordre, la mise en place d’une administration efficace, de routes, et de relais à travers tous l’empire.

- La tolérance religieuse : on trouva dans l’empire mongole toutes les grandes religions de l’époque : islam, bouddhisme, christianisme, judaïsme, et d’autres encore. Aucune ne prit le pas sur les autres durant cette période, et chacune vivaient ensemble sous l’autorité mongole

- L’absence de racisme : Tous les peuples coexistèrent au sein de cet immense empire, les mongols n’imposant ni leur race, ni leur langue, au contraire.

- La justice, l’intégrité, et l’ordre : La justice des mongols fut intraitable et les plus riches étaient à la même enseigne que les plus pauvres : on verra ainsi de puissants ministres qui pressurent le peuple être exécuté, des nobles mongols qui pillent les cités conquises être dégradés au rang de simple soldat

- L’administration : Les grands administrateurs sont souvent des hommes de milieux extérieurs, très compétent, qui amenèrent avec eux un savoir, une façon de penser, des goûts, des modes différentes. Ainsi en Iran, un père et son fils permirent de redresser très rapidement le pays sous l’autorité de Gengis Khan, ainsi dans l’empire des Yuan, c’est l’administration qui maintint la dynastie si longtemps après la mort de Khübilaï.

- Les transports : l’invention du relais de poste est à mettre au crédit de Gengis Khan qui pour être informé rapidement, fit mettre en place dans son empire des relais avec des chevaux frais tous les 30 kilomètres. Il fit également ouvrir des routes même dans des régions inaccessibles comme en Afghanistan ou, au Khorassan

- L’essor commercial : Outre ces voies de communication gardés par des soldats et aménagées avec des puits, des hotelleries, Ögödeï abolit les taxes sauf pour les produits de luxe, ce qui permit le développement des échanges commerciaux et bancaires.

- Les relations internationales : Des ambassadeurs des quatre coins du monde venaient à la cour du Grand Khan, des liens diplomatiques s’établirent

- Les échanges humains et culturels : c’est un brassage de population sans précédent, des peuples du Caucase s’installèrent en Chine, des Turcs avancèrent vers l’Ouest, des chinois s’installèrent en Iran ou en Indonésie, des communautés musulmanes s’établirent au Yun-Nan, des voyageurs (Guillaume de Rubrouck, André de Longjumeau, Marco Polo, ...), des marchands (les frères Polo, ...), des artisans (allemands, français, ...), des missionnaires (Jean de Plan Carpin, ...) vinrent de partout.

- La connaissance du monde : les connaissances géographiques et cartographiques du monde firent un bond immense, la perception du monde est bouleversée en quelques années

Bref, si la vision de Gengis Khan d’unifier, et de pacifier le monde sous l’égide d’un seul chef, fut presque atteinte en cette fin de 13ème siècle (seules l’Afrique, et l’Europe de l’Ouest sont encore vraiment hors de la sphère d’influence, alors que l’Egypte, le Japon, l’Indonésie et l’Inde résistaient) mais ne dura pas, si la civilisation mongole n’est pas aussi brillante en tant que telle qu’une civilisation égyptienne, grecque, romaine ou arabe, il n’en est pas moins vrai que son apport sur son époque fut immense et que ce qui resta de l’épopée de Gengis Khan et de ses descendants, c’est d’avoir révéler le monde à lui-même, comme il avait à son époque révélé aux mongols qui ils étaient.

C’est après l’empire mongol, la fermeture de la Chine sous la dynastie des Ming, et la rupture des voies de communications terrestres qui amena Christophe Colomb et 3 caravelles à partir 2 siècles plus tard, pour retrouver par voie de mer, les Indes et la Chine ...