La musique mongole

dimanche 5 mars 2006.
 

Les mongols aiment à chanter, et toutes les occasions sont bonnes pour y sacrifier : Lorsqu’ils gardent seuls les troupeaux, alors qu’ils parcourent la steppe, en s’adressant à un animal, ou bien sûr, lors d’une fête ou d’une cérémonie.

Pouvant parfois surprendre celui qui n’y est pas habitué, il est difficile de rester insensible à la beauté des chants mongols, et comme ils sont très évocateurs, on a vite le sentiment de la steppe immense, du galop du cheval, de la solitude, de la tristesse ou de la joie du chanteur ...

- Le chant traditionnel -

La musique traditionnelle mongole implique un large éventail d’instruments, et utilise la voix humaine comme nulle part ailleurs au travers de plusieurs types de chants :

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- le "chant diphonique" ou khöömi : c’est un chant dans lequel l’interprète produit en même temps plusieurs sons bien distincts, l’un continu, profond à l’aide de la gorge, et d’autres grâce à la langue qui comme une flûte module l’air émis par le chanteur. Ce chant imite, et évoque les bruits de la nature : le son du vent, de l’eau, le chant des oiseaux, ...

- le "chant long" : C’est un chant assez lent et majestueux, parfois mélancolique. Il permet d’évoquer la vie du nomade seul dans la steppe. L’interprète va chanter le plus longtemps possible sans prendre sa respiration, et va moduler son souffle au travers d’un registre très large allant d’une voix de gorge à une voix de tête. Il se pratique souvent par un chanteur seul, parfois accompagné par un instrument comme la vielle ou le luth.

- le "chant court" : A l’inverse du "chant long", c’est un chant allègre et joyeux et permet souvent de représenter l’amour du pays, d’une femme ou le galop d’un cheval. Il est très fréquent et est souvent utilisé lors d’une soirée.

- le "chant épique" : Ce sont des chants racontant des épopées et que des bardes-poêtes ont transmis de génération en génération, et dans lesquels on retrouve des liens avec le chamanisme.

- le "Magtaal" : C’est un chant de louanges, qui vient de la poésie chamanique mongole, et dédié à un lieu sacré, à un animal, ou à une personne. Il est toujours utilisé lors d’un naadam, la fête nationale des mongols.

- Les instruments de musique -

Déjà Marco Polo, en visite à Karakorum racontait qu’il avait vu dans le palais du grand Khan, un orchestre de 300 musiciens, avec des instruments à vents, à cordes, et à percussion.

Parmi les instruments spécifiques à la Mongolie, le plus fameux est le "moriin khuur"

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Comme on peut le voir sur l’image, le "moriin khuur" ou vielle-cheval, est une vielle à 2 cordes en crin de cheval. La caisse de l’instrument est en forme de trapèze, et couverte de peau d’animale, et au sommet du long manche se trouve une tête de cheval sculptée dans le bois.

Cet instrument accompagne les Maagtal, en particulier lors du naadam.

Parmi les autres instruments, on peut citer
- l’aman khuur ou guimbarde ou vielle de bouche : c’est un instrument très utilisé par les shamanes, et dans la musique populaire
- le yataga : une cithare sur table à 14 cordes de soie que l’on pince
- le shanz ou shudarga : un luth à 3 cordes
- et beaucoup d’autres encore tels que le tsuur, le byalar bichguur, le tovchuur, ...