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La Mongolie d’aujourd’hui a officiellement 2 alphabets :
L’alphabet traditionnel mongol utilisé avant 1941 a été adapté de l’alphabet Ouïgour au XIIe siècle. Celui-ci dérivait de l’alphabet Sogdian qui venait lui-même de l’Araméen.
Ainsi, l’écriture traditionnelle mongole se lit verticalement de gauche à droite.
En mars 1941, le gouvernement de la République populaire mongole, obéissant à la politique linguistique stalinienne qui avait pour objectif d’unifier les alphabets non seulement des différentes républiques de l’URSS, mais aussi, dans la mesure du possible, de ses pays satellites, prend la décision de transposer l’écriture mongole vers l’alphabet cyrillique (russe). Au cours de l’adaptation, entrainant quelques modifications, le mongol obtint un nouvel alphabet dans lequel aux signes russes s’ajoutent deux lettres supplémentaires , reflétant le caractère spécial de certaines voyelles antérieures mongoles :
Les travaux visant à optimiser le passage d’un alphabet à l’autre finissent vers la fin de 1945. Le 1 janvier 1946, le cyrillique est déclaré écriture officielle de la Mongolie.
Au début des années 90 du XX siècle, suite aux bouleversements politiques déclenchés par la Perestroïka en URSS et la Mongolostroïka en Mongolie, un groupe d’intellectuels mongols s’adressent au Grand Khural (Parlement) pour demander le retour à l’écriture mongole ancienne dès 1994. Le Conseil des ministres arrêta alors qu’à partir de 1995, l’enseignement devait se faire entièrement dans cette écriture pour les petites classes, et partiellement dans les grandes classes.
Mais, malgré ses atouts indéniables, tels que :
l’adaptation facile aux différents dialectes mongols en raison de son système de notation des sons,
possession de signes spéciaux permettant de transcrire le chinois, le sanscrit et le tibétain,
la restauration de l’écriture mongole ancienne n’est pas si facile à réaliser : mis à part des difficultés d’ordre financier, le problème essentiel provient de la rupture énorme qui, à cause de la relégation si durable de l’écriture ouïgouro-mongole, s’est creusée entre la langue parlée et sa forme écrite classique.
Pourtant, les Mongols ne perdent pas l’espoir : malgré toutes les difficultés citées ci-dessus, l’écriture traditionnelle mongole continue à faire partie du programme obligatoire de l’enseignement national.