18 février : La Mongolie frappée par un « dzud »
9 février : Le froid extrême décime le bétail en Mongolie
Octobre 2009 : Le chef du gouvernement mongol Sanjaagiin Bayar a demissionné
Mai 2009 : Alternance à la tête de la Mongolie, Tsakhiagiin Elbegdorj élu
Les pâturages qui couvrent les quatre cinquièmes de la surface de la Mongolie, forment l’environnement naturel des nomades : la steppe. Elle parait en tout point identique, pourtant, rien n’est moins vrai et les grandes formations herbeuses n’ont d’homogène que l’apparence. Un nomade expérimenté, y distingue lui, selon la saison, la qualité et la composition du sol et de la flore, la topographie, la présence d’eau et de sels minéraux, si cela convient ou non à la composition et à l’importance de son troupeau.
Le principe de la tradition nomade en Mongolie est la conservation des ressources naturelles dans leur condition d’origine, avec la volonté de préserver l’équilibre écologique entre les pâturages, les éleveurs et le bétail. Pour cela, la densité des troupeaux doit être faible, et les groupes humains limités. Rester trop longtemps sur une même pâture avec trop d’animaux, entraine la destruction des prairies naturelles.
Le nomade doit utiliser judicieusement les pâturages en jouant sur la complémentarité des types d’herbages en lien avec 4 campements saisonniers (hiver, printemps, été, automne) à 2 (hiver et été) :
Le paturage d’hiver est un élément clé car le troupeau y séjourne de 4 à 5 mois (novembre - avril), et c’est la période des mises à bas. Les chevaux, les yaks et les chameaux sont capable d’atteindre l’herbe sous la neige, mais le restant des troupeaux doit être amenés dans des lieux à la fois protégés du vent, mais quand même suffisament exposés pour que la neige ait disparu.
La période de végétation d’été est l’autre élement clé mais est limitée au mieux à 4 mois (mi-mai - mi-septembre), et le bétail doit profiter de cette période normalement d’abondance naturelle avant d’avoir à se débrouiller pour subsister les mois restants. Il est donc nécessaire de laisser un végétation minimale à la fin de la saison d’été.
L’importance des mouvements nomades dépend de la nature du troupeau et de la zone naturelle et climatique . Dans le Gobi, les mouvements sont fréquents et se font sur de plus grande distances (jusqu’à 100 kilomètres) alors qu’au Nord ou dans le centre, les déplacements se limitent à 20 kilomètres.
Mais quelle que soit l’adaptation des nomades pour améliorer l’alimentation des troupeaux, les conditions climatiques laissent toujours subsister une incertitude pour les troupeaux, et les mongols savent que des catastrophes naturelles sont toujours possibles, qualifiant ainsi chacunes d’elles :
si les chutes de neige sont trop abondante, les animaux ne peuvent atteindre l’herbe, ou si l’hiver est trop long, le troupeau s’affaiblit, c’est un "désastre blanc"
si il n’y a pas de chute de neige dans une région privée d’eau, c’est un "désastre noir"
s’il y a des gelées précoces, c’est un désastre de fer
si l’été est trop sec et ne permet pas aux troupeaux de profiter suffisament pour supporter les rigueurs de l’hiver, c’est un "désastre d’acier"
Pour le sédentaire, la relation à la terre est immédiate et directe, pour le nomade entre l’homme et la terre il y a l’animal. Les animaux d’élevage en Mongolie sont souvent décrit sous le terme des "5 museaux"
les moutons
les chèvres
les vaches et les yaks
les chevaux
les chameaux
"5 museaux" ... auxquels on peut ajouter des troupeaux de rennes dans le nord du pays
Ils sont classifiés par les mongols selon différents critères :
"museaux chauds" : chevaux moutons, et "museaux froids" : chèvres, bovins, chameaux
pattes longues : chevaux, chameaux, et pattes courtes : moutons, chèvres et bovins
Ces classifications correspondent à des facteurs importants pour le nomade. Ainsi, la notion de pattes permet de distinguer les animaux qui iront paturer plus loin (pattes longues) sou la direction des hommes ou ceux qui patureront à proximité du campement (pattes courtes) sous la direction des femmes. Les museaux permettent de connaitre les animaux plus sensibles au froid (museaux froids) pour les associer à des animaux moins sensibles (museaux chauds) et permettrent ainsi une meilleur utilisation de la chaleur animale, ce qui en Mongolie reste toujours vitale. Ces mélanges entre animaux au sein du troupeau permettent aussi de valoriser les paturages mieux que ne peuvent la faire chaque espèce isolément.
Les animaux des races locales sont petits et trapus pour limiter la surface corporelle exposée au froid. Il se couvre à la fin de l’automne d’un pelage plus épais et doivent disposer de réserves de graisses.