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- Bayan Ulgii, avril 2007 -
Poursuite de l’expédition chez les Kazakhs, dans les environs de Bayan Ulgii, à l’extrême Ouest du pays. Changement de décor : la forêt et le lac laissent place à la montagne et des vallées arides et les cabanes en bois supplantent les yourtes. Les chameaux sont nombreux et se baladent nonchalamment dans la steppe, avec les yacks, moutons, chèvres, chevaux.
J’ai été très chaleureusement accueillie par l’une de ces familles Kazakhs. Baïtéi, le père et chef de famille, et sa femme sont âgés et vivent donc en alternance chez leurs 4 fils.
C’est Koko, l’un de leurs fils, et sa femme, Bibitgul qui m’ont accueillie. Nous vivions donc à 12 dans leur maison en bois : le couple, leurs 6 enfants en bas âge, Baïtéi et sa femme, un autre de leur grand fils, et moi.
Ah non, j’oubliais, nous étions en réalité 14… Car il y avait en plus un agneau qui venait de naître et qui avait besoin de rester au chaud, tout comme l’un des aigles de Baïtéi.
Baïtéi possède donc deux aigles, qu’il entraîne tout au long de l’année à la chasse. J’ai d’ailleurs eu droit à une petite démonstration où Baïtéi et l’un de ses fils avaient capturé un chat sauvage à l’avance et à qui ils ont cassé une patte devant moi. Ils ont ensuite relâché le chat dans la nature, qui n’a pas pu aller bien loin… Baïtéi est monté sur son cheval, l’aigle sur son bras, et s’est rendu au sommet de la colline. Il a fait signe à son aigle (un petit cri a suffi) qui a littéralement fondu sur sa proie. Le chat était immobilisé, à terre, prisonnier dans ses serres. Baïtéi est alors redescendu tranquillement rejoindre son aigle. Il l’a immédiatement récompensé en sortant un pilon de viande fraîche de sa besace, tandis qu’il maintenait le chat agonisant, assis, sous le poids de son genou. Une fois l’aigle récompensé, il a pris le chat par la queue, et lui a fracassé le crâne sur une grosse pierre. Deux coups ont suffi, et hop, plus de chat. L’un des fils l’a ensuite dépecé et a suspendu sa carcasse sur le pot d’échappement de leur truck (celui qu’ils utiliseront plus tard pour déménager) ainsi que sa peau. La viande sera donnée le soir même à l’aigle en guise de dîner…
Bon, je parle d’eux comme si c’était des barbares, mais les Kazakhs sont des gens charmants qui ont le cœur sur la main, et contrairement aux autres mongoles, ils sont beaucoup plus expansifs.
De véritables liens d’amitié se sont tissés avec ces gens-là, parce que sans doute, j’étais beaucoup plus active dans les tâches quotidiennes et j’allais beaucoup plus vers eux (et inversement) pour essayer de me faire comprendre ou de les comprendre.
Paradoxalement, c’est avec les enfants que j’ai réussi le mieux à faire passer des messages. Il faut croire que le jeu transcende les barrières linguistiques…