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Parcourir le monde, s’échapper en sachant ce que je quitte mais en ignorant ce qui m’attend. Un besoin, une envie que je satisfais et qui me construit.
De tous ces périples que j’ai pu réaliser, il y a eu la Mongolie, terre sauvage, mariage du ciel et de la steppe, lien intime entre tradition et modernisme, sédentarité et nomadisme. Plus qu’un voyage, un bouleversement.
Cette cohabitation si étroite et indispensable entre la nature et l’homme, ce sens de l’accueil et de l’hospitalité, ce retour aux sources et à l’essentiel… Comment y être insensible ?
En quittant le pays il y a quelques années, je sentais que j’y laissais quelque chose d’inachevé, ainsi qu’une partie de moi… Je me suis alors dit qu’un autre voyage s’imposait.
C’est dans ce contexte que j’y suis retournée l’hiver dernier, en février 2007 pour 6 semaines.
Je voulais vivre et ressentir la Mongolie autrement, en dehors des sentiers battus et touristiques ; une expérience que je voulais humaine, à vivre au rythme des nomades et de la steppe.
Cette immersion complète s’est déroulée dans un environnement plutôt rustique, mais que je désirais vivre comme tel :
un hiver entre -30° voire -40° (-30° dans la yourte pour dormir !), pas d’interprète afin de revenir à un système de communication de base (gestes, mimes, dessins, mots), une hygiène réduite (pas de douche, pas de WC)
J’assistais les femmes à traire les yacks et chèvres, cuisiner, coudre, s’occuper des enfants, ramasser les bouses pour se chauffer.
Avec les hommes, j’aimais les accompagner à cheval dans la steppe pour retrouver et rassembler les chevaux et les yacks, partis en pâture pendant une semaine, quelque part dans la steppe. Nous allions aussi rendre visite aux autres nomades des environs, pour prendre des nouvelles des familles plus éloignées et se tenir au courant des derniers ragots. Il fallait également briser la glace des rivières avoisinantes, rassembler les blocs pour les faire fondre et récupérer l’eau, couper du bois, sacrifier un animal…
Quant aux enfants, je partais à pied avec eux dans la montagne, à courir après les moutons et les chèvres, les surveiller et les protéger des loups, puis les ramener au camp, auprès de la yourte familiale.
Inutile de rappeler qu’une bonne condition physique s’impose, surtout quand on est une femme car les tâches les plus rudes et les plus nombreuses leur sont souvent réservées.
Cette aventure, je la souhaitais multiple, afin d’évoluer dans des environnements géographiques, culturels, religieux différents, et de ressentir le pays dans ses contrastes et ses différences.
C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de vivre parmi deux ethnies différentes, l’une au Nord, dans une famille nomade traditionnelle bouddhiste, et l’autre à l’Ouest, dans la province de Bayaan Ulgii, chez les Kazakhs, éleveurs d’aigles chasseurs et musulmans.
La Mongolie, c’est un appel, une expérience qui vous transcende. Un passage dans un monde où vous revenez Autre.
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