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Le candidat de l’opposition Tsakhiagiin Elbegdorj, ancien Premier ministre, a remporté l’élection présidentielle de dimanche en Mongolie, annoncent les deux camps, le chef de l’Etat sortant Nambariin Enkhbayar ayant reconnu lundi sa défaite.
"Ces résultats montrent qu’une majorité des suffrages est allée au candidat du Parti démocratique (opposition), M. Elbegdorj", a déclaré Enkhbayar, qui briguait un nouveau mandat sous les couleurs du Parti révolutionnaire du peuple mongol (PRPM, au pouvoir). "Avant toute chose, j’aimerais vous dire que je respecte ces résultats. Ensuite, je tiens à remercier tous ceux qui, par milliers, m’ont soutenu."
Ce scrutin a fait nettement moins de vagues que les législatives de l’année dernière. De violentes manifestations avaient alors secoué la capitale, Oulan-Bator, quand le PRPM avait été déclaré vainqueur. Les protestataires avaient incendié le siège du PRPM lors d’une nuit de violence qui avait fait cinq morts et incité Enkhbayar à déclarer l’état d’urgence pour quatre jours.
Même si la commission électorale générale n’a pas encore officiellement proclamé les résultats de dimanche, Elbegdorj et ses partisans se sont rassemblés sur la vaste place SukhBataar, au centre de la capitale, où ils ont fêté l’événement au pied d’une énorme et récente statue de Genghis Khan.
Tsakhiagiin Elbegdorj a fait campagne à ce poste essentiellement honorifique sur le thème du changement en promettant de lutter contre la corruption.
Le PRPM, successeur de l’ancien parti communiste qui a dirigé la Mongolie pendant 70 ans, quand le pays était un satellite de l’Union soviétique, est considéré par beaucoup comme un gage de stabilité et de cohérence politique.
Elbegdorj, lui, devrait nouer des relations plus cordiales avec l’Occident, dans le cadre d’une stratégie dite du "troisième voisin" destinée à contrer l’influence de la Russie et de la Chine, mais, de l’avis des politologues, son ton populiste risque de rendre sa politique peu lisible voire imprévisible aux yeux des investisseurs. Certains spécialistes craignent que l’élection d’Elbegdorj ne complique la conclusion d’accords avec des multinationales pour le développement de gisements miniers dans le pays.
Jason Subler, version française Eric Faye
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